Nouveau bail de location au 1er octobre 2026 : tout ce que change le décret 2026-596
Le décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026 vient de réécrire les contrats types de location de résidence principale. Publié au Journal officiel du 7 juillet 2026, il entre en vigueur le 1er octobre 2026 pour tous les baux conclus ou renouvelés à partir de cette date. Locations vides, locations meublées, colocations à bail unique : tous sont concernés.
Voici l'essentiel, côté locataire et côté bailleur.
Décret 2026-596 · Ce qui change au 1er octobre
1er oct. 2026
date d'entrée en vigueur pour tout nouveau bail conclu ou renouvelé
6 semaines
pour régulariser un impayé après commandement de payer, avant résiliation
3 types de baux
locations vides, meublées et colocations à bail unique concernées
0 rétroactivité
les baux en cours ne sont pas modifiés, aucune obligation de refaire un contrat existant
Sources : Décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026 (JO du 7 juillet) · Loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 · Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989
Ce qui change dès le 1er octobre 2026
Le changement le plus structurant est l'introduction obligatoire de la clause résolutoire dans tous les nouveaux contrats de location de résidence principale. Jusqu'ici facultative, elle devient un élément obligatoire du contrat type. Tout bail signé ou renouvelé après le 1er octobre 2026 qui ne la contient pas est incomplet au regard de la réglementation.
La clause résolutoire vise trois cas de manquement : le non-paiement du loyer, le non-paiement des charges, et le non-versement du dépôt de garantie. Elle entraîne la résiliation de plein droit du bail si ces manquements ne sont pas régularisés dans un délai précis, fixé à six semaines à compter d'un commandement de payer resté infructueux.
Ce texte n'invente pas de règles entièrement nouvelles. Il consolide dans les modèles officiels des réformes déjà votées, notamment par la loi Kasbarian-Bergé du 27 juillet 2023. Mais son entrée en vigueur rend ces obligations incontournables dans tout nouveau contrat.
Ce que les locataires doivent comprendre
La clause résolutoire ne signifie pas que votre propriétaire peut vous expulser rapidement sur un simple impayé. La procédure reste strictement encadrée et vos droits sont maintenus à chaque étape.
Le commandement de payer doit être signifié par un commissaire de justice.
C'est un acte officiel qui marque formellement le début de la procédure. Une simple lettre recommandée de votre propriétaire ne vaut pas commandement de payer. Dès réception de ce commandement, vous disposez de six semaines pour régulariser l'intégralité des sommes dues. Si vous payez dans ce délai, la clause résolutoire ne joue pas et le bail se poursuit normalement.
Si vous ne régularisez pas dans ce délai, le bail est résilié de plein droit. Mais cela n'autorise toujours pas votre propriétaire à vous mettre dehors sans décision judiciaire : il doit saisir le juge pour faire constater la résiliation et obtenir une ordonnance d'expulsion. La trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars, continue de bloquer toute expulsion pendant cette période.
Si vous recevez un commandement de payer, deux choses à faire immédiatement : vérifier le montant exact réclamé et vos propres relevés de paiement (des erreurs sont possibles), puis contacter rapidement votre CAF si vous êtes bénéficiaire d'aides au logement et le Fonds de Solidarité pour le Logement de votre département. Ces organismes peuvent intervenir pour aider à régulariser une dette locative.
Ce que les bailleurs doivent faire avant le 1er octobre 2026
Si vous concluez ou renouvelez un bail à partir du 1er octobre 2026, le modèle de contrat type doit intégrer la nouvelle clause résolutoire obligatoire ainsi que les nouvelles clauses facultatives dans la forme prévue par le décret. Utiliser un modèle antérieur au décret pour un bail signé après le 1er octobre crée une irrégularité qui peut fragiliser vos procédures en cas de litige.
Les nouveaux modèles officiels de contrat type sont disponibles sur le site du Ministère du Logement et sur Service-Public.fr. Si vous gérez votre location via une agence immobilière, vérifiez que vos prestataires ont bien mis à jour leurs documents avant cette date.
Les baux en cours : rien ne change rétroactivement
Le décret n° 2026-596 s'applique uniquement aux contrats conclus ou renouvelés à compter du 1er octobre 2026. Vos baux actuels restent régis par les règles applicables au jour de leur signature.
Le point le plus délicat concerne les renouvellements tacites. La majorité des baux d'habitation se poursuivent par tacite reconduction, sans signature d'un nouveau document. Dans ce cas, le bail initial continue de produire ses effets. Un renouvellement formalisé par avenant ou par un nouveau contrat après le 1er octobre devra en revanche intégrer les nouvelles dispositions.
Les clauses facultatives introduites par le décret
Au-delà de la clause résolutoire obligatoire, le décret introduit également de nouvelles clauses facultatives que les parties peuvent choisir d'inclure ou non dans le bail.
La clause sur le défaut d'assurance : si le locataire ne fournit pas son attestation d'assurance habitation, le bail peut être résilié après un délai d'un mois suivant une mise en demeure restée sans effet. La clause sur les troubles de voisinage : la résiliation n'intervient qu'après une décision judiciaire définitive condamnant le locataire pour ces troubles. La clause sur la servitude de résidence principale : dans les zones où le PLU impose que les logements soient occupés à titre de résidence principale, le non-respect de cette obligation par le locataire peut entraîner la résiliation après mise en demeure du maire restée sans effet.
Ce que LOTI recommande
Pour les locataires : si vous signez un nouveau bail après le 1er octobre 2026, lisez attentivement la clause résolutoire. Vérifiez qu'elle respecte le modèle officiel, soit six semaines après commandement de payer, pas moins. Une clause prévoyant un délai plus court serait illégale. En cas de difficultés de paiement, agissez avant de recevoir un commandement de payer : parlez à votre propriétaire, contactez votre CAF et le FSL.
Pour les bailleurs : mettez à jour vos modèles de bail avant le 1er octobre. C'est une obligation réglementaire pour tout nouveau contrat.
Ne signez pas un bail après cette date avec un ancien modèle, même si la relation avec votre locataire se passe bien.
Les données que collecte LOTI sur les relations bailleurs-locataires montrent que les conflits autour des impayés sont parmi les plus fréquemment signalés. La clause résolutoire ne changera pas la réalité des difficultés financières, mais elle en modifie le cadre procédural.
Mieux le connaître des deux côtés, c'est mieux se protéger.
Sources et Méthodologies
Décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026, Journal officiel du 7 juillet 2026 ·
Loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 (Kasbarian-Bergé) ·
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs
Décret n° 2015-587 du 29 mai 2015 relatif aux contrats types ·
Service-Public.fr (2026) · Légifrance