Le vrai coût d'un logement mal isolé sur 3 ans : on a fait le calcul
Le loyer affiché ne dit pas tout. L'isolation thermique est notée 2,73/5 dans le Baromètre LOTI 2025 le critère le plus problématique du parc locatif français. Voici ce que ça représente concrètement en euros sur 3 ans, et comment calculer le vrai coût d'un logement avant de signer.
Studio 30m² · L'écart selon le DPE · 2025
DPE A — bien isolé
39€/mois
468€/an · 1 404€ sur 3 ans
DPE F — mal isolé
215€/mois
2 580€/an · 7 740€ sur 3 ans
Écart sur 3 ans
+6 336€
pour le même logement, moins bien isolé
Sources : Manda / ADEME 2024 · Baromètre LOTI 2025 · Tarif réglementé EDF 2025
Ce que les données LOTI disent sur l'isolation
L'isolation thermique est notée 2,73/5 dans le Baromètre LOTI 2025. C'est le critère le plus bas de toute l'étude, sur 161 logements évalués. Cette note n'est pas abstraite : elle correspond aux témoignages de locataires qui ont vécu dans des logements où maintenir une température confortable en hiver exigeait de chauffer en continu, où la facture d'énergie représentait un surcoût mensuel significatif, où le froid entrait par les fenêtres et les murs.
Les logements classés F et G représentent respectivement 8,1% et 5,7% du parc immobilier en France selon les données 2024, mais ils sont surreprésentés dans le parc locatif privé. En 2024, la facture d'énergie d'un studio classé F peut atteindre 215€ par mois, contre 39€ pour un studio classé A, soit un écart multiplié par 5,5.
Le calcul sur 3 ans pour un appartement type
Pour un studio de 30m²
Prenons un studio de 30m² à Paris, loué 800€. Si le logement est classé DPE A (bien isolé), la facture d'énergie représente environ 39€/mois, soit 1 404€ sur 3 ans. Si le même logement est classé DPE F (passoire thermique), la facture monte à 215€/mois, soit 7 740€ sur 3 ans. L'écart est de 6 336€ sur 3 ans pour un logement au même loyer. En d'autres termes, louer un logement mal isolé 50€ de moins par mois qu'un logement bien isolé ne représente aucune économie réelle, bien au contraire.
Pour un appartement de 50m²
Sur une surface plus grande, l'écart s'amplifie proportionnellement. Un appartement de 50m² classé F consomme en moyenne 2 à 3 fois plus d'énergie qu'un appartement équivalent classé B ou C. Sur 3 ans de bail, la différence de facture énergétique peut dépasser 8 000 à 10 000€ selon les sources et les modes de chauffage. C'est l'équivalent de plusieurs mois de loyer.
Comment intégrer ce coût dans votre budget avant de signer
La règle des 3 étapes
Avant de signer un bail, trois vérifications permettent d'estimer le coût énergétique réel : regardez la lettre DPE (E, F, G = surcoût significatif), demandez les 12 dernières factures d'énergie au propriétaire (il peut les fournir), et consultez les notes d'isolation LOTI sur l'adresse si des avis existent. Ces trois sources donnent une image beaucoup plus complète du vrai coût mensuel que le loyer affiché seul.
Le loyer vrai : la formule simple
Une façon simple d'estimer le vrai coût mensuel : Loyer + charges + facture énergie estimée selon le DPE + assurance habitation. Pour un logement classé F à 800€, ce calcul donne facilement 1 050 à 1 100€ réels par mois en hiver. Pour un logement classé B à 850€, il donne environ 900 à 930€. Le deuxième est objectivement moins cher malgré le loyer affiché plus élevé.
Loyer affiché vs coût réel mensuel · Studio 30m²
Option A · Logement DPE B à 850€
Option B · Logement DPE F à 800€
L'option B est plus chère de 110€/mois malgré un loyer affiché 50€ moins élevé.
Estimations basées sur les données ADEME 2024 et Manda. Les chiffres réels varient selon le mode de chauffage, la région et les habitudes de consommation.
Baromètre LOTI 2025
Isolation thermique : 2,73/5 en moyenne nationale — le critère le plus coûteux du parc locatif.
Vérifiez la note d'isolation avant de signer
Les anciens locataires ont noté ce que le DPE ne traduit pas en termes de coût réel.
Consulter les avis sur mon futur logement →Note méthodologique
Les données LOTI proviennent du Baromètre LOTI 2025 avec 161 avis collectés sur weareloti.com. Les données énergétiques citées proviennent de Manda/ADEME (2024) et des tarifs réglementés EDF 2025. Les calculs présentés sont des estimations basées sur des valeurs moyennes ; les coûts réels varient selon la surface exacte, la localisation géographique, le mode de chauffage et les habitudes de consommation.